Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 20:08

La crise de la dette, Hong Kong ne connaît pas. Le gouvernement local enchaîne depuis 8 ans les exercices budgétaires excédentaires. Plus de 73 milliards HKD de surplus ont ainsi été dégagés rien que pour l'année fiscale 2011-12. Le gouvernement a décidé, l'an dernier, de redistribuer une partie des excédents à la population en attribuant la somme de 6 000 HKD à tout résident permanent de Hong Kong âgé de plus de 18 ans.

 

429239_10150642876489934_572574933_9424505_400046830_n.jpgUne mesure qui ne fait pas l'unanimité. Benson Tsang a ainsi choisi d'utiliser la somme pour acheter, dans de petits restaurants et de épiceries de Sham Shui Po, des repas chauds et des boîtes de conserve qu'il donne ensuite aux sans-abris de ce quartier de Kowloon. Une manière de donner un coup de pouce aux plus démunis tout en soutenant les petits commerces. Architecte d'intérieur de profession, Benson estime en effet que l'argent distribué par le gouvernement auraît dû servir à aider ceux qui en ont le plus besoin.

 

Et il n'est visiblement pas le seul à le penser. Avec l'aide de ses amis et des réseaux sociaux, ses actions se multiplient et de plus en plus de personnes s'impliquent dans cette chaîne de solidarité. Plus de 700 personnes ont indiqué sur Facebook qu'ils allaient participé à la prochaine distribution prévue le samedi 26 mai. Le tissu social n'est donc pas totalement déchiré dans une société où les inégalités ne cessent de se creuser.

 

Hong Kong est l'un des endroits au monde où les disparités de revenus sont les plus fortes. Un salaire minimum de 28 HKD par heure y a été fixé pour la toute première fois l'an dernier, une révolution pour ce qui est considérée commel'économie la plus libérale de la planète. Le nouveau chef de l'exécutif Leung Chun-ying a su capter, pendant sa campagne, le mécontentement populaire face aux écarts de richesse. Il a promis de faire de la lutte contre les inégalités une priorité de son mandat, et il devra le faire sans se mettre à dos les puissants tycoons de Hong Kong.

Par Nicolas Wong
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Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 18:08

Photo Ming PaoLa plupart ont gardé leur tête plongée dans un livre, un magazine ou un journal, certains se sont livrés à de petits exercices physiques tandis qu'un autre s’est lui adonné à la caligraphie. Les députés pro-Pékin ont passé le temps comme ils l’ont pu alors que le conseil législatif hongkongais (Legco) a tenu, mercredi 16 mai, une session marathon qui s’est prolongée jusqu’à 4 heures et demi du matin avant que le président de l’assemblée Jasper Tsang ne décide finalement de mettre un terme aux débats. Une séance de 14 heures lors de laquelle plusieurs députés du camp démocrate ont tout mis en oeuvre pour faire traîner les débats, en multipliant par exemple les citations de textes chinois classiques.

Les députés Albert Chan et Wong Yuk-man (du parti Pouvoir du peuple) tentent en effet de faire obstruction à une proposition de loi controversée qui obligerait tout législateur démissionnaire d’attendre 6 mois avant de pouvoir se représenter à un siège au Legco. Objectif : éviter que l’épisode électoral de 2010 ne se reproduise. 5 députés pro-démocrates avaient alors quitté leurs fonctions pour provoquer des élections anticipées qu’ils ont présenté comme un référendum pour la démocratie.

Pour retarder au maximum l’adoption du texte, les deux démocrates radicaux y ont donc soumis pas moins de 1300 amendements qui vont désormais être votées de manière expéditive. Une tactique décriée par le camp pro-Pékin qui dénonce un gaspillage de temps et d’argent, et que soutiennent les autres partis du camp démocrate qui ont décidé de boycotter les débats.

À quelques mois des élections législatives de septembre, ces tentatives d’obstruction parlementaire divisent l’opinion publique. Leung Chun-ying, qui vient d’être élu chef de l’exécutif hongkongais a appelé les électeurs à sanctionner dans les urnes les tenants de cette stratégie, mais la détermination montrée par les députés démocrates les plus radicaux ces derniers jours pourraient leur attirer une vague de sympathie dans l’opinion publique.

Par Nicolas Wong
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Mardi 3 janvier 2012 2 03 /01 /Jan /2012 19:48

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Sexe, drogue et rock n'roll, le tout sur fond de cannibalisme... "When Heaven Burns" est une série télévisée de Hong Kong qui a divisé la société locale. Et il ne restait plus que cinq épisodes avant la fin de la série quand la SARFT décide d'en interdire la diffusion sur le continent. Produite par la chaîne TVB, elle est la première série hongkongaise à être interdite par Pékin en dix ans, d'après le South China Morning Post.

 

Son scénario suscite la controverse car l'histoire s'articule autour d'une tragédie qui, 18 ans après les faits, continue de hanter les personnages. En 1992, quatre jeunes musiciens partent dans les montagnes du Xinjiang pour assister à un concert de rock. Piégés par une tempête de neige, ils tuent et mangent l'un d'entre eux afin de survivre. Un événement qui change à jamais la vie des trois rescapés, ainsi que celle de la petite amie de celui qui a été sacrifié, à qui les autres décident de mentir.

 

L'un des survivants, frappé d'amnésie depuis le drame, revient à Hong Kong cherche à réunir les anciens amis : une animatrice radio, un requin de la finance et un militant syndical. Autour de ce dernier se développent des thèmes sensibles dans le contexte actuel avec notamment la révolte du village de Wukan. Certains épisodes le mettent ainsi en scène dans des actions collectives. Il organise grèves, manifestations, négociations avec le patronnat, et finit par se présenter aux élections législatives pour défendre les intérêts des travailleurs. Mais une fois devenu politicien, il n'hésite pas à passer par la trahison et la corruption pour assouvir sa soif de pouvoir.

 

A travers les personnages, la série explore donc la part sombre de l'humanité et dresse un portrait glacial de la société hongkongaise. « When Heaven Burns » se démarque des drames familiaux ou des comédies romantiques diffusés habituellement à cette heure-là à la télévision, mais le succès n'a pas été au rendez-vous en ce qui concerne l'audimat. Boudée par les ménagères de Hong Kong, la série a en revanche été pébliscitée par les jeunes. Une tirade tirée de la série,« This city is dying, you know ? », est ainsi devenue une expression à la mode sur les réseaux sociaux.

 

Le message contestataire véhiculé par cette série iconoclaste semble donc déplaire au pouvoir central, d'autant plus qu'elle ferait référence aux massacres de la place Tiananmen. Chow Yuk-ming, le scénariste de la série, reconnaît ainsi avoir changé la date de l'incident du Xinjiang, de 1989 à 1992, pour éviter toute controverse. Ce qui n'a pas empêché des internautes d'interprèter l'histoire comme une allégorie des événements du printemps 1989.

Par Nicolas Wong
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