- Hong Kong : en avant les réformes -

Publié le par nico-wong

Les premières réformes politiques depuis la rétrocession en 1997 sont sur le point d'être adoptées à Hong Kong. Le Legco débat actuellement du plan proposé par le chef de l'exécutif Donald Tsang, avec la bénédiction des autorités centrales de Pékin. Un projet qui a obtenu, au dernier moment, le soutien du Parti démocrate après être parvenu à un compromis avec le gouvernement. Selon le plan initial, la législature sera élargie de 10 sièges, dont 5 élus au suffrage universel, et les 5 autres élus au sein de collèges professionnels, ces "constitutions fonctionnelles" que les pandémocrates voudraient voir disparaître, le système est en effet accusé d'être à la source des inégalités sociales de plus en plus criantes. Dans le plan soumis au vote des députés, ces 5 sièges seront élus par les Hongkongais parmi des candidats désignés par les conseils de districts de la RAS. Les citoyens auront donc leur mot à dire dans l'élection des 10 nouveaux députés. Pour Donald Tsang, cette réforme préparera la voie à des élections directes en 2017, pour le chef de l'exécutif, et en 2020 pour l'integralité de la législature.


Mais le volte-face du Parti démocrate a encore approfondi les divisions au sein du camp pan-démocrate, les autres partis l'accusant de trahison. Ces derniers exigent en effet le suffrage universel direct dès 2012 pour l'élection du chef de l'exécutif. Des cadres du Parti démocrate sont d'ailleurs en désaccord avec la ligne récemment adoptée par leur formation politique. Martin Lee, l'un de ses co-fondateurs, songerait même à la quitter. Le député Andrew Chang, lui, n'a pas mis longtemps pour se décider, il annoncé qu'il quittait le parti ce mercredi pendant le débat au Legco. Le Parti démocrate se trouve donc en une situation inhabituelle. Habituée depuis des années à se battre contre Pékin pour défendre les libertés civiles à Hong Kong, ce parti coopère désormais avec les autorités centrales.


Serait-ce un leurre ? La tactique employée par Pékin consisterait-elle à diviser pour mieux régner ? Il est en effet surprenant que le Parti communiste ait accepté les modalités proposées par le Parti démocrate dans les négociations sur la réforme électorale alors que la plupart de ses membres sont interdits de territoire en Chine continentale. Mais Zhongnanhai a montré ces derniers temps des signes de tolérance. Le débat télévisé sur la réforme entre Donald Tsang et Audrey Eu, du Parti Civique, qui était déjà une première en soi, a été diffusé dans la province du Guangdong sans avoir été censuré. La réforme devrait être adoptée prochainement, mais les élus qui y sont opposés tentent de retarder l'échéance tandis que des citoyens ont encerclé le Legco pour appeler leurs députés à voter contre.

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