- xu zhiyong -

Publié le par nico-wong

Xu ZhiyongXu Zhiyong (许志永), l'un des fondateurs de Gongmeng (公盟), une association d'avocats des droits civiques, a été arrêté mercredi dernier. Aucune charge n'a pour l'instant  été retenue contre ce professeur de droit qui siège au Congrès du peuple de l'arrondissement de Haidian à Pékin. En somme, on peut dire qu'il s'agit d'un enlèvement comme les services de sécurité nationale ont l'habitude de pratiquer quand il s'agit de réduire au silence ceux qui risque de perturber "l'harmonie" de la société.

En tout cas, cette arrestation traduit bien la volonté des autorités de mettre un terme à ce mouvement composés d'avocats  de juristes et d'universitaires qui n'hésitent pas à s'occuper d'affaires jugées trop sensibles par la majorité de leurs confrères. Ainsi, du scandale du lait frelaté à la corruption locale en passant pas les cultes interdits, ils sont les seuls à avoir osé défendre les victimes de ces abus. Non pas pour remettre en cause le régime politique, mais tout simplement pour exiger le respect de la Constitution chinoise.

Bien entendu, l'existence de ce mouvement gênait les autorités. Après  en avoir harcelé les membres, leur avoir refusé le renouvellement de leur licence ou leur avoir invité, de temps à autre, "à venir boire le thé"  elles ont décrété la fermeture de l'association le 17 juillet dernier. Motif : fraude fiscale. En effet, puisqu'il n'existe pas d'association type 1901 en Chine, Gongmeng était enregistré comme une entreprise et devait payer des taxes. Et l'administration lui reproche de ne pas voir déclaré certaines sommes et lui a infligé une amende de 1,4 million RMB., soit presque le double de son budget. S'en est suivi une descente de police dans les locaux du cabinet avec saisies de documents et d'ordinateurs, puis l'arrestation de Xu Zhiyong. Et malheureusement, la mobilisation des internautes, qui ont  notamment organisé une collecte de fonds pour que Gongmeng puisse s'acquitter de l'amende, n'y changera sûrement rien.

Beaucoup estiment qu'en réprimant ce mouvement, le gouvernement se tire une balle dans le pied. En effet, ces avocats sont souvent le derniers recours légal des pétitionnaires et sans eux, on craint que le mécontentement populaire n'ait plus d'autre choix que de s'exprimer par la violence. Et à quelques semaines du 60e anniversaire de la fondation de la République populaire, un soulèvement n'est certainement pas ce que souhaitent les officiels qui siègent à Zhongnanhai.

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