- yang jia -

Publié le par nico-wong

Yang Jia a été exécuté mais pour beaucoup, cette affaire est loin d’être terminée. Condamné à mort pour le meurtre, le 1e juillet dernier, de six policiers à Shanghai, son geste avait été unanimement condamné par l’opinion publique avant que ses motivations n’apparaissent au grand jour.

On a alors appris que ce chômeur de 28 ans avait voulu se venger de ces flics qui, en octobre 2007, l’avait maltraité, à tort, dans une histoire de bicyclette volée. Humilié, blessé dans son amour-propre, il avait porté plainte, réclamant 10 000 RMB de dédommagements, en vain. Ce n’est qu’après avoir épuisé toutes les voies de recours légales qu’il s’est décidé à accomplir ce geste meurtrier.

Sans parler des conditions dans lesquelles Yang Jia a été jugé. Un avocat commis d’office ayant des liens étroits avec l’administration locale, puis la disparition de sa mère, témoin de première importance, la seule à connaître les détails de sa lutte judiciaire contre la police. On apprendra plus tard que celle-ci avait été internée de force dans un centre psychiatrique géré par les services de police pékinois.

Le premier procès s’était déroulé à huit clos et fut expédié en une petite heure. Lors du procès en appel, Yang Jia a eu droit à un autre avocat. Celui-ci a demandé une nouvelle expertise psychiatrique, mais les juges n’ont rien voulu entendre. Les autorités ont donc jugé que sa mère était folle, mais que lui ne l’était pas. Ce à quoi Yang Jia répondra : « Ce sont les policiers qui ont un problème mental ».

De nombreux Chinois le considèrent comme un héros, un homme courageux qui a osé s’élever contre les injustices et les abus de pouvoir. Les appels à la clémence ont été nombreux, mais aujourd’hui, Yang Jia est mort.

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