- deux semaines après -

Publié le par nico-wong

Deux semaines après, le grand tremblement de terre de Wenchuan (汶川大地震) continue de monopoliser l'attention de tous les médias. Alors que le ministère de l'industrie de l'information a fait preuve d'une certaine transparence dans sa couverture du séisme, les internautes n'ont de leur côté cessé d'alimenter le web de commentaires, de témoignages, de photos et de vidéos.

Beichuan, juste après les secousses.

Un mémorial en ligne vient d'être créé alors que destins tragiques et actes d'héroisme sont relatés sur le net, suscitant l'émotion de tout un peuple. Des milliers écoles s'étant effondrées (on estime à 12% la part des enseignants et des élèves parmi les victimes), on salue le courage de ces professeurs qui ont donné leurs vies pour sauver celles de leurs élèves. On peut citer l'hommage rendu à Yuan Wenting (袁文婷), une enseignante de 20 ans qui a sauvé 13 écoliers avant de se faire elle-même ensevelir, et celui rendu à Yan Qianqiu (谭千秋), qui s'est sacrifié en protégeant quatre de ses élèves à l'aide de son corps.

Bien que
certains doutent de l'authenticité d'une partie de ce récitl'histoire de ce bébé (photo) a ému tout le monde. Les sauveteurs l'ont retrouvé sous le corps de sa mère, qui l'avait protégé quand l'immeuble s'est écroulé. Il avait sur lui un téléphone portable sur lequel on pouvait lire un message, laissé par sa mère dans ses derniers instants : "Mon chéri, si tu survis, n'oublie pas que je t'aime." On a été bouleversé par ces photos de Yueyue (月月), une fillette à qui on a dû amputer une jambe afin de l'extraire des décombres. On a admiré ce garçon nommé Zhang Jiwan (张吉万) qui a marché 12 heures en portant sa petite soeur sur le dos pour aller chercher de l'aide. Comme lui, des milliers de personnes ont préféré aller à la rencontre des secours plutôt que d'attendre leur arrivée dans les villages les plus reculés.

Dans un tout autre style, l'image de ce lycéen en a fait rire plus d'un. Alors qu'il est extrait des ruines de son école 80 heures après le tremblement de terre, on l'entend dire très sincèrement : "Monsieur, je veux un coca." Un coup de pub qui, pour certains, justifierait bien un don généreux pour aider les sinistrés. On relate aussi l'histoire de Zhang Qi (张棋), cette étudiante qui a indiqué par Internet un endroit à Wenchuan où les hélicoptères de secours pourraient atterrir. D'abord posté sur quelques forums comme une bouteille jetée à la mer, son message a été relayé par les internautes jusqu'à ce qu'il parvienne aux autorités.


Enfin, après avoir vu
cette vidéo, beaucoup se souviendront de ce visage. Trois jours après le séisme, Chen Jian (陈坚), que l'on voit écrasé par des tonnes de débris, discute avec quelques journalistes de la télévision en attendant les secours : "Je crois que je suis à la fois malchanceux et très chanceux dans ce tremblement de terre. J'ai l'impression d'avoir échappé à la mort. Beaucoup n'ont pas eu la même chance. Je suis coincé sous trois plaques de bétons et je ne peux pas bouger. Je n'ai rien avalé depuis trois jours, j'ai juste bu un peu d'eau. Je dois être fort, il faut que je sois fort pour tous ceux qui m'aiment. Il faut que je m'accroche pour eux, parce qu'ils ont toujours été si bons avec moi. J'espère que vous non plus, vous ne baisserez pas les bras face aux difficultés." Cet ouvrier migrant de 26 ans a rajouté qu'il voulait rentrer rejoindre sa famille. "Je ne veux pas que mon enfant ne sache même pas à quoi son père ressemble. Je viens d'échapper à la mort, je n'ai plus peur de rien. Qui sait quelles sont mes chances de survivre ? " Au bout d'une opération de sauvetage qui aura duré 6 heures, son corps est enfin extrait des décombres. Mais le jeune homme ne donne plus aucun signe de vie au moment d'être évacué. "Chen Jian, réveille-toi !" lui crient les journalistes et les secouristes. L'un d'entre eux lui prodigue alors massage cardiaque et respiration artificielle. En vain... Les journalistes étaient en larmes.

École élémentaire no2 de Fuxin (福新), municipalité de Mianzhu (绵竹)

Au delà du chagrin, les familles des victimes se posent des questions. Et avant tout, comment se fait-il qu'autant d'écoles se soient écroulées ? Les parents pointent du doigt l'industrie du bâtiment, en accusant les sociétés d'avoir ignoré les normes de sécurité pour faire des économies. Après avoir perdu leur unique enfant, ils veulent que le gouvernement leur rende justice. Le secrétaire du parti communiste de la ville de Mianzhu s'est même mis à genoux devant des parents en colère, leur promettant que le parti pourra résoudre ce problème. En attendant, les autorités ont décrété un deuil national de trois jours et, pour la première fois de l'histoire de la République populaire, le drapeau à cinq étoiles a été mis en berne en hommage à des civils tués. Après les intempéries du Nouvel An, les émeutes au Tibet et ce terrible tremblement de terre (certains rappellent que Mao est mort quelques mois après celui de Tangshan en 1976), on se demande ce qui va bien encore pouvoir se passer en cette année Beijing 2008.
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