- martin lee -

Publié le par nico-wong


Le mois dernier, Martin Lee a annoncé qu'à la fin de son mandat en juillet, il ne se représenterait pas au Conseil Législatif de la Région administrative spéciale de Hong Kong. Laissant sa place aux jeunes, c'est donc l'un des vétérans du camp pro-démocratique hongkongais qui tire sa révérence.

Avocat de formation, Martin Lee a été nommé au Conseil de la Reine en 1979 et a été le président du Conseil hongkongais des barreaux de 1980 à 1983. Élu pour la première fois au Conseil Législatif en 1985, il avait été reconduit dans ses fonctions à chaque scrutin depuis lors. Après la déclaration conjointe sino-britannique sur la question hongkongaise de 1984, qui jette les bases du fameux "un pays, deux systèmes", Martin Lee fait partie du comité, dont les membres sont nommés par Pékin, chargé de rédiger l'ébauche de la Loi fondamentale qui servira de Constitution à Hong Kong après sa rétrocession à la Chine. Cependant, il est contraint de quitter le comité suite à la répression du mouvement pro-démocratique de Pékin en 1989, que Martin Lee soutenait. Depuis, il est interdit de territoire en Chine continentale : "Évidemment, c'est douloureux. En tant que citoyen chinois, je n'ai pas l'autorisation de me rendre dans mon propre pays alors que je suis le bienvenue dans tous les autres pays du monde."

Il fonde, en 1994, le Parti démocratique de Hong Kong et en sera la président jusqu'en 2001. Son combat pour la démocratie le rend célèbre sur le plan international, mais lui attire des critiques virulentes de la part du camp pro-Pékin. Il est ainsi régulièrement accusé d'être un traître à sa patrie. Mais Martin Lee peut certes être en désaccord avec le Parti communiste, il n'en est pas moins chinois. À plusieurs reprises, il a oeuvré pour défendre les intérêts de la Chine sur la scène internationale. Ainsi, en 2000, quand le Président Clinton a voulu soutenir l'entrée de la Chine dans l'Organisation mondiale du commerce et qu'il a été confronté au refus catégorique du Congrès, il a fait appel à Martin Lee pour qu'il vienne participer au débat :

"Si nous faisons tous en sorte que la Chine tiennent ses engagements pour son entrée à l'OMC et qu'elle en respecte les régulations, alors on peut espérer que la Chine devienne un État de droit. À présent, il n'y a que l'espoir. Mais qu'en sera-t-il dans le cas contraire ? Si nous votons "Non", je ne vois pas comment les choses pourraient s'améliorer. Pouvons-nous attendre de la Chine qu'elle libère davantage de prisonniers car le Congrès a voté "Non" ? Pouvons-nous attendre de la Chine qu'elle améliore la protection de l'environnement car le Congrès a voté "Non", ou qu'elle améliore les droits de ses travailleurs car le Congrès a voté "Non" ? C'est ce qui m'inquiète. Il n'y a pas de réponse définie, mais il y a de l'espoir."

Quand les législateurs américains ont constaté que même cet homme vilipendé par Pékin soutenait le projet, ils se sont laissés convaincre et la suite, on la connaît.
Dernière controverse en date, un article publié dans le Wall Street Journal dans lequel il appellait le Président Bush à faire pression sur la Chine pour que, à l'approche des Jeux Olympiques, elle tienne ses promesses. Il s'oppose toutefois aux campagnes de boycott lancées à travers le monde car quoiqu'on en dise, il pense que les JO représentent une opportunité pour le progrès politique en Chine :

"Les Chinois à travers le monde sont fiers que la Chine accueillera les Jeux. La Chine a l'économie la plus dynamique du monde, et elle est effectivement en position d'organiser les Jeux Olympiques les plus spectaculaires de l'Histoire en août prochain. Mais en quoi cela profiterait-il à notre nation si elle gagne des médailles d'or alors qu'elle souffre de l'absence prolongée de démocratie, de droits de l'Homme et d'État de droit ?

J'espère que les Jeux pourront avoir un effet catalyseur sur les politiques intérieure et extérieure du gouvernement chinois, et que les Chinois se souviendront des Jeux longtemps après qu'ils aient eu lieu, non seulement grâce aux médailles gagnées, mais aussi car ils auront été un tournant pour les droits de l'Homme et l'État de droit en Chine. Ce serait là quelque chose de réjouissant.
"

Le site web de Martin Lee
The Time - Hong Kong's "Father of Democracy" to retire
Eastsouthwestnorth - Martin Lee in The Wall Street Journal
Voice of America via FAS.org - Compte-rendu du débat du 5 octobre 2000 au Congrès

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