(manhua)

Mercredi 2 avril 2008 3 02 /04 /Avr /2008 23:50
Flash - Benjamin

Flash (闪), le premier artbook de Benjamin, vient de sortir aux éditions Xiaopan. On y retrouve, en grand format, plus d'une centaine d'illustrations (dont beaucoup sont inédites) et d'extraits de ses albums, ainsi que des photos, des croquis, des esquisses... Bref, un vrai plaisir pour les yeux ^^


Flash
Flash
Par nico-wong
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Mardi 12 février 2008 2 12 /02 /Fév /2008 00:51
La bande dessinée chinoise trouve donc ses origines dans un passé lointain et cela prouve que, durant la très longue histoire de la civilisation chinoise, souvent présentée comme la civilisation de l’écrit par excellence, l’image avait elle aussi un rôle important, que ce soit dans la propagation de certaines idées ou comme un simple support narratif. Vers la fin du XIXe siècle, les progrès techniques dans le domaine de l’impression permettent à l’image d’investir peu à peu, et avec succès, le monde journalistique. C’est à partir de celui-ci que se développera la bande dessinée, par l’intermédiaire de nombreuses gravures satiriques qui laissent déjà entrevoir la redoutable efficacité de ces dessins dans la transmission de messages politiques, et par la parution des premières planches de dessin des futurs dessinateurs de ce qui deviendra, peu de temps après, les linhuanhua.

Ces derniers donnent naissance à une "littérature de l’image" en adaptant tout d’abord les plus grandes œuvres littéraires, elle devient dès lors un élément fondamental au sein des pratiques culturelles, en particulier chez les enfants et les classes défavorisées qui, étant donné le très fort taux d’analphabétisme à l’époque, n’y avaient pas accès directement. Cependant, avec le tournant des années 30, les lianhuanhua (même si les références aux œuvres littéraires demeurent une constante de leur histoire) se constituent progressivement en genre autonome. Cet élan sera soutenu par les communistes, même s’il s’agit bien sûr d’en faire usage à des fins de propagande. Toutefois, cela n’exclut pas, hormis durant la Révolution culturelle, la parution d’œuvres n’ayant qu’un rapport plus ou moins lointain avec les thèmes imposés par le parti.


Étant donné la popularité immense des formes "traditionnelles" de lianhuanhua, il est assez difficile de comprendre pourquoi (même si j'ai essayé d’y apporter quelques éléments de réponses) la bande dessinée chinoise sous ses formes les plus modernes est aujourd’hui aussi marginale en Chine alors qu’elle semble conquérir progressivement, par le biais de publications à l’étranger, la place que nous considérons lui revenir de droit sur le marché international de la BD. Alors quand
la Chine saura-t-elle reconnaître et apprécier le réel talent de cette nouvelle génération d’artistes, leur permettant ainsi d’acquérir une renommée méritée au sein de leur propre pays ?


Table des matières
Bibliographie
  • Boissier, J.-L., Destenay, P., Piques, M.-C. (coll.), Bandes dessinées chinoises, co-édition Université Paris VIII et Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou, Paris, 1982.
  • Li Xu (李旭), Manyou Dahua Ji, Huayu Dongman Shengdian (漫友大画集, 华语动漫盛典), Heilongjiang Meishu Chubanshe (黑龙江美术出版社), Harbin, 2005.
  • Marmmonier, C., « Les bandes dessinées chinoises » in Arts Graphiques Magazine, nº17, 1991, p.15 - p.17.
  • Wong, W., Hong Kong Comics: A History of Manhua, Princeton Architectural Press, 2001, New York.
Ressources Internet
Blogs à consulter
Par nico-wong
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Lundi 4 février 2008 1 04 /02 /Fév /2008 22:31

Le manhua en République populaire

En Chine continentale, le manhua fait son entrée dans les rayons au début des années 90 et le succès est tel que de nombreuses maisons d’éditions se lancent dans la traduction de titres japonais. Néanmoins, peu d’entre elles s’engagent dans cette industrie dans le respect des droits d’auteur et le gouvernement chinois se voit contraint de réagir. C’est dans ce contexte que les premiers magazines consacrés au manhua doivent cesser leur parution. Dans le même temps, afin d’éviter que le marché de la bande dessinée ne soit monopolisé par les titres japonais, l’État crée en 1995 l’Industrie nationale des dessins animés pour enfants (dite Industrie 5155) qui publie aujourd’hui de nombreux magazines de bandes dessinés et subventionne des artistes locaux.

Xue Yue Xue Yue, l'un des premiers manhua en République populaire

La création reste néanmoins entravée par une censure qui s’exerce à travers les maisons d’édition. La production de bandes dessinées n’en reste pas moins abondante et les compétitions de l’Association des arts de la Chine viennent régulièrement stimuler la créativité des auteurs. L’accent y est souvent mis sur le graphisme, la majorité des artistes ayant suivi un enseignement académique et rigoureux dans le dessin. Mais, sans doute par manque d’expérience, ces artistes manquent généralement de maîtrise narrative et c’est pourquoi beaucoup d’ouvrages sont constitués de plusieurs histoires courtes. Les influences sont diverses et vont des comics américains à la BD franco-belge. Beaucoup, toutefois, se contentent d’imiter le style du manga japonais même si certains le font avec talent. C’est le cas de Yan Kai (颜开) qui, dans Xue Yue (雪椰), relate les aventures d’une jeune fille qui voyage dans le temps et revient en 1994 pour tenter de sauver la Terre d’un futur apocalyptique.

Remember Remember de Benjamin

Plus récemment, des jeunes auteurs comme Benjamin, de son vrai nom Zhang Bin (张彬) , tentent de développer un style personnel. Ce prodige de la BD chinoise a la particularité d’exécuter ses planches sur ordinateur à l’aide d’une palette graphique et d’un logiciel de retouches d’images, une technique jusqu’alors inédite. Cela lui permet de reproduire la touche de l’aquarelle et de développer un trait très réaliste tout en jouant avec des effets de flou autour d'un détail plus précis, donnant ainsi un côté onirique à ses illustrations. Ses histoires traitent du mal-être de la jeunesse chinoise, de l’angoisse, ou encore de la solitude dans des scénarios qui sentent le vécu personnel. À titre d’exemple, la première des deux histoires que contient Remember (记得), publié en 2004, raconte les espoirs et les déboires de jeunes dessinateurs de BD qui, voulant percer dans le milieu, sont tiraillés entre leur désir de s’exprimer et l’obligation de se soumettre aux exigences des éditeurs. Benjamin illustre ainsi un dilemme auquel sont sans doute confrontés bon nombre d’artistes chinois aujourd’hui : vivre de son talent sans pour autant trahir son art.

Rainbow Ruan Yunting (阮筠庭)
, alias Rain, avec ses couleurs pastel douces et délicates, fait aussi partie des auteurs contemporains qui se démarquent par l’originalité de leurs graphismes. Elle met en scène, dans Silent Rainbow (空色彩虹 - voir couverture), un véritable conte urbain constitué d’une constellation d’histoires courtes gravitant autour de douze personnages aux destins différents qui, au final, sont tous liés les uns aux autres. Dans My Way (我的路), le style de Jidi (寂地) se fait remarquer à travers cette œuvre destinée à un public féminin qui traite des thèmes de l'amour et du bonheur. Weng Ziyang (翁子杨), quant à lui, est le représentant chinois d’un surréalisme à la Louis Royo, il trouve son inspiration dans la littérature classique comme le prouve son album Les nouveaux héros des Trois Royaumes (新三国无双). Le jeune Huang Jiawei (黄嘉伟) explore, pour sa part, l’univers de la science-fiction dans des ouvrages tels que Yasan (伢三) dans lequel il décrit, à l’aide de dessins sophistiqués réalisés au crayon à papier, un monde emprunt de noirceur où le héros éponyme mène l’enquête sur une mystérieuse maladie qui ravage son village.

 

Yasan Extrait de Yasan

Le fils du marchand Malgré le talent irréfutable de ces artistes qui constituent l’avant-garde de la bande dessinée chinoise, c’est souvent hors de leurs frontières qu’ils trouvent la reconnaissance qu’ils méritent. En effet, le public occidental commence à s’intéresser au manhua « made in China » depuis le succès qu’ont rencontré les manga japonais et les manhwa coréens. He Youzhi a été invité à exposer à Angoulême dès 1987 et a depuis publié trois albums en France. En 2005, la maison d’éditions Xiaopan, fondée par Patrick Abry, se spécialise dans la publication de titres chinois. Cela permet par ailleurs à des auteurs de publier des BD qui, pour des raisons politiques ou commerciales, n’ont pas pu l’être en Chine. C’est le cas de Orange (橘子) de Benjamin, ouvrage jugé trop déprimant et pessimiste par les éditeurs chinois, ou encore du Fils du Marchand (贾儿 -voir couverture) de Nie Chongrui (聂崇瑞), une adaptation d’un conte surnaturel de Pu Songling qui met en scène la figure du renard dans une œuvre aux tendances bien trop érotiques pour les censeurs du Parti communiste. Enfin, l’exportation de ces artistes leur permet aussi de s’améliorer, le contact avec des professionnels européens leur donne, par exemple, la possibilité d’apprendre à découper leurs scénarios et à travailler leurs histoires. Ainsi, Huang Jiawei travaille actuellement avec le scénariste Jean-David Morvan sur un album intitulé Zaya, qui va être publié prochainement aux éditions Dargaud.

Les difficultés du manhua en Chine peuvent certes s’expliquer par l’image réductrice, celle d’une littérature pour analphabètes, dont il souffre, mais c’est surtout la structure anarchique du marché chinois qui permet d’éclaircir une telle situation. Il n’existe aucune maison spécialisée dans la bande dessinée. Leur dynamique éditoriale en terme de manhua est donc inexistante, et c’est pourquoi très peu d’artistes peuvent vivre uniquement de la BD. La plupart d’entre eux, en effet, tirent leur subsistance de leur travail dans l’animation ou les jeux vidéo. Une deuxième partie du problème se situe au niveau de la logistique. Les chaînes de librairies se contentant de faire de la distribution et ne faisant pas d’études de marché, les bandes dessinées ont généralement du mal à atteindre son public. Internet vient certes palier cette insuffisance, mais d’un point de vue commercial, le potentiel que représente le manhua reste, à ce jour, encore mal exploité.
Par nico-wong
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Jeudi 31 janvier 2008 4 31 /01 /Jan /2008 15:43

Le manhua à Taiwan

Zhuge Silang À Taiwan, île cédée au Japon en 1895, le style noir et blanc du manga exerce très tôt son influence et laisse peu de place aux lianhuanhua traditionnels. Cette tendance se confirme à l’issue de la Seconde guerre mondiale. En 1953 paraît le premier numéro de Camarade (
学友), un magazine destiné aux enfants. Ce périodique publie des œuvres de Chen Dingguo (陈定国) et de Chen Guangzhao (陈光照), qui sont deux des pionniers en matière de manhua taiwanais. Chen Guangzhao, qui a d’ailleurs fait ses études à Tokyo, est l’auteur de Petit Baye (小八爷), une bande dessinée qui se voulait avant tout éducative. Toutefois, la bande dessinée taiwanaise la plus marquante des années 50 est Zhuge Silang (诸葛四郎 - voir image) de Ye Hongjia (叶宏甲) qui dépeint ici, dans un style enfantin, une histoire de cape et d’épée qui a tenu en haleine toute une génération de Taiwanais. Dans le même genre, mais réalisé dans un style plus réaliste et destiné à un public plus mature, Chen Haihong (陈海虹) crée la Tornade de petits héros (小侠龙卷风). Cette période se caractérise donc par la prédominance de la BD de cape et d’épée (wuxia manhua, 武侠漫画), et les magazines spécialisés se multiplient pour constituer ce que l’on considère comme étant l’âge d’or du manhua taiwanais.

Cet engouement ne tarde pas à attirer l’attention des parents et des autorités qui publient, en 1962, une loi pour censurer les bandes dessinées. Ce texte, peaufiné dans les années qui suivent, ne sera réellement appliqué que vers 1966, mais elle décime totalement l’industrie de la BD taiwanaise. De nombreuses maisons d’éditions et autres magazines se voient ainsi obligés de mettre la clef sous la porte, et les bandes dessinées publiées antérieurement sont retirées des rayons. Beaucoup d’auteurs décident alors de changer de profession et la qualité des œuvres produites à cette époque est en général assez médiocre. Les publications japonaises exercent alors un monopole sur le marché taiwanais.


La Maison Woolong Ce n’est que dans les années 80 que la situation s’améliore quand des quotidiens commencent à publier des manhua d’artistes locaux. La maison Wuloong (
乌龙院 - voir image), de Ao Youyang (敖幼样), fait son apparition dans le China Times en 1983. Il s’agit d’une parodie de films de kung-fu dont le succès va relancer l’intérêt du public pour la bande dessinée. Cai Zhizhong (蔡志忠) fait partie de ces talents qui surfent sur cette nouvelle vague, il entame ainsi en 1985 sa série Zhouangzi a dit (庄子说), qui se fait l’écho de la pensée de ce philosophe de l’Antiquité par le biais de dessins aux traits simplistes. Zheng Wen (郑问), avec Biographies d’assassins (刺客列传), renoue avec la tradition du manhua de cape et d’épée en adaptant cette partie des Mémoires historiques de Sima Qian à l’aide d’illustrations réalisés à l’encre de chine et d’un réalisme à couper le souffle. Son immense talent lui permet de poursuivre sa carrière au Japon et il est considéré aujourd'hui comme l'un des grands maîtres incontestés du manhua taiwanais. Aujourd'hui, des auteurs comme Ping Fan (平凡) et Chen Shufang (陈淑芳), dont les illustrations se sont très vraisembablement inspirées de la peinture traditionnelle chinoise, font partie de ceux qui représentent le mieux Taiwan dans le domaine du manhua.

Zheng Wen Extrait des Chroniques des héros de Dongzhou de Zheng Wen
Par nico-wong
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